Contre l’austérité et le coût du capital

lardon-hollandeTribune collective de syndicalistes, associatifs et politiques parue dans Politis.

Signataires : Isabelle Attard, Nouvelle Donne ; Clémentine Autain, Ensemble ! ; Ana Azaria, présidente de Femmes égalité ; Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT ; Éric Coquerel, Parti de gauche ; Olivier Dartigolles, PCF ; Patrick Hallinger, Convergences services publics ; Liêm Hoang Ngoc, Socialistes affligés ; Jérôme Gleizes, EELV ; Christiane Marty, féministe ; Françoise Nay, militante de l’hôpital public ; Willy Pelletier, Fondation Copernic ; Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics ; Malika Zediri, APEIS.

À entendre François Hollande et Manuel Valls, leur politique n’est pas d’austérité…

Certes, cela pourrait être pire encore. S’il appliquait à la lettre la règle d’or brandie par la Commission européenne, le gouvernement Valls devrait ajouter 28 milliards de baisse aux 21 milliards déjà rabotés pour 2015. Soit – 9,6 milliards pour la Sécurité sociale, – 7,7 milliards pour l’État et – 3,6 milliards pour les collectivités locales. Le suicide économique pourrait donc être deux fois plus rapide si on suivait les docteurs Diafoirus de Bruxelles. Auxquels, au passage, François Hollande a donné ce droit de contrôler notre budget en signant le TSCG, reniement inaugural de ses promesses de campagne. Mais la ponction de 50 milliards prévue pour les trois années à venir suffira à casser le moteur de l’économie.

Pourquoi ? Parce que les politiques d’austérité budgétaire et salariale mises en œuvre entraînent toujours plus d’austérité. Il faut être un libéral, comme Michel Sapin, pour s’étonner que la croissance se révèle plus faible que prévue. En abandonnant la perspective de baisse du chômage pour les prochains mois, François Rebsamen a d’ailleurs confirmé l’échec de cette politique. Et ce n’est pas mieux en ce qui concerne les déficits, au nom de la baisse desquels cette politique est pourtant imposée.

Or, le pire arrive. Cette fois la loi de programmation budgétaire pour les prochaines années s’attaque pour de bon aux dépenses publiques. Car si, depuis 2011, la politique restrictive a « coûté » 3,5 points de PIB et a réduit la croissance de 4,5 %, supprimant 600 000 emplois, c’est surtout par la hausse des impôts. L’augmentation de la dépense publique a certes fléchi, mais c’est quand même elle qui a permis au PIB d’augmenter sur les trois dernières années, la demande du privé étant dramatiquement orientée à la baisse. Il est plus que temps de rappeler que les dépenses publiques… rapportent au pays. C’est ce dernier moteur que le gouvernement veut désormais étouffer. Avec des conséquences catastrophiques dans tous les secteurs.

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