Le développement des services publics peut-il nous sauver de la crise? – L’Humanité

Tribune de Jean-Marie Harribey, Bernadette Groison et Baptiste Talbot parue dans l’Humanité le 4 Novembre 2014

La dépense publique, un handicap pour l’entreprise ? Par Jean-Marie Harribey Professeur 
à l’université Montesquieu (Bordeaux), coprésident 
des Économistes atterrés, Bernadette Groison Secrétaire générale 
de la FSU et Baptiste Talbot Secrétaire général de la fédération CGT des services publics

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Jean-Marie Harribey Professeur 
à l’université Montesquieu (Bordeaux), coprésident 
des Économistes atterrés : « Le travail productif dans 
les services non marchands « 

Auteur de la Richesse, la Valeur et l’Inestimable, 
Éditions LLL, 2013. 530 pages, 28 euros.
La crise que le capitalisme inflige aux sociétés est l’aboutissement d’une fuite en avant financière des classes dominantes pour tenter de surmonter la difficulté de créer et réaliser de la valeur, née d’une part de la dégradation de la condition salariale, et d’autre part des limites de la planète. Ces deux contraintes ruinent la rentabilité du capital et le rêve de l’accumulation infinie, que la démesure financière ne peut pas compenser à long terme.
Les politiques d’austérité marquent la détermination de la bourgeoisie financière, des gouvernements et des institutions internationales à profiter du désastre social et de la faiblesse des mouvements sociaux pour élargir encore davantage la sphère de la marchandise : services publics « ouverts à la concurrence », c’est-à-dire privatisés ; droit du travail « modernisé », c’est-à-dire amoindri ; inflation « maîtrisée », c’est-à-dire salaires en recul par rapport à la productivité ; courbe du chômage « inversée », c’est-à-dire repartie à la hausse ; nature « prise en compte », c’est-à-dire confiée au marché des droits à polluer.
L’argument essentiel justifiant ce démantèlement général de l’espace public, collectif ou commun est que celui-ci serait un handicap pour les entreprises privées, considérées comme seules productives, et donc pour l’économie en général. Cet argument est faux de bout en bout. Les travailleurs employés dans les services non marchands (éducation et santé publiques, services municipaux…) sont productifs non seulement de richesse très utile à la société mais aussi de valeur économique, mesurée monétairement bien qu’elle soit non marchande. Le tourment du capital est que des ressources humaines et matérielles ne soient plus disponibles pour sa propre valorisation. Et ses idéologues clament que la sphère privée ne peut pas supporter la charge des dépenses publiques et sociales, occultant le fait que lesdits prélèvements obligatoires sont effectués sur un PIB déjà augmenté du fruit de l’activité non marchande. L’impôt est le prix des services non marchands acquitté collectivement, par contraste avec le prix des marchandises payé individuellement. Le tourment du capital devient cauchemar : par le biais de la socialisation de ce paiement collectif intervient une certaine redistribution des revenus, timide certes mais réelle.
La vacuité du discours libéral est sidérale : les économistes inféodés à la logique capitaliste ignorent la distinction entre le financement monétaire ex ante de l’activité et son paiement ex post. Si les entreprises privées anticipent des débouchés, elles investissent et embauchent (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui) et doivent trouver pour cela un financement, les acheteurs payant ensuite les marchandises produites. La collectivité anticipe l’existence de besoins sociaux, et donc investit et embauche, les contribuables payant collectivement après coup les services rendus. Le problème né de l’application des politiques néolibérales en Europe est que le financement préalable de l’activité non marchande a été interdit : État et collectivités territoriales n’ont plus accès à la création monétaire directe et doivent se tourner vers les marchés financiers. Les libéraux craignent l’inflation, alors que d’immenses besoins existent pour assurer une transition sociale et écologique avec un nouveau type de richesse : des services non marchands et des investissements soutenables pour endiguer la machine capitaliste. Le XXe siècle n’a pas réussi à résoudre la question sociale, le XXIe ne résoudra pas plus la question écologique si les deux ne sont pas liées, sans que l’une ne subordonne l’autre.
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Bernadette Groison Secrétaire générale 
de la FSU : « Une chance pour l’avenir 
des jeunes générations » 
Avant de répondre, peut-être conviendrait-il de caractériser cette crise. Désigner la dépense publique parmi les causes de la crise relève de l’amnésie. On a trop vite oublié qu’en 2008, ce sont les outrances de la financiarisation de l’économie qui ont déclenché une dépression économique et sociale sans précédent depuis 1929. Le système financier, sauvé par les États, s’est ensuite retourné contre eux en les sommant de réduire leurs dépenses. Le souvenir de ce tour de passe-passe est nécessaire pour examiner l’utilité supposée des politiques d’austérité qui sont autant de sacrifices demandés aux salariés, aux retraités et aux agents de la fonction publique.
En 2008, tous les observateurs ont souligné que si l’impact social de la crise avait été moins fort en France que dans d’autres pays européens, c’est parce que nous avions des services publics développés. La fonction publique et les services publics agissent pour l’intérêt général. Dire qu’il vaut mieux aider financièrement les entreprises et réduire pour cela les moyens de l’action publique, cela revient à penser que l’investissement au profit d’intérêts privés suffirait à construire une société cohérente et créatrice de richesses pour tous. Or, le marché ne crée pas de lui-même cette redistribution, il ne se suffit pas non plus pour produire ces richesses. Nombre d’entreprises ne réinvestissent pas leurs bénéfices et n’emploient pas davantage.
Par ailleurs, lorsqu’il y a cinq millions de chômeurs, réduire le nombre de salariés des services publics est un non-sens. À la fois parce qu’ajouter du chômage au chômage ne résoudrait rien, mais aussi parce que tous ces salariés sont autant d’acteurs économiques et de consommateurs qui contribuent au fonctionnement de la machine productive.
D’autre part, les services publics et la fonction publique sont des outils essentiels pour les entreprises. Comment pourraient-elles recruter des salariés formés sans investissement dans le système éducatif ? Comment assurer leur transport sans réseaux de transport collectif efficaces ou un réseau routier entretenu ? La formation des jeunes, le développement de la recherche sont-ils autre chose que des investissements ? Tout comme la mise en œuvre de plans de prévention sanitaire ou l’amélioration de la collecte de l’impôt et la lutte contre la fraude fiscale. Cela implique des investissements matériels et humains. À quoi servirait un équipement de pointe sans les personnels formés pour le faire fonctionner ? Par ailleurs, l’État et les collectivités locales, avec la commande publique, permettent à de nombreuses entreprises de garantir leur fonctionnement et l’emploi de leurs salariés.
La crise que nous traversons suppose que les services publics soient pensés et conçus comme les fers de lance d’un nouveau mode de développement socialement et écologiquement responsable. Alors que des défis restent à relever (élévation du niveau de qualification, réussite de tous les élèves, mutation énergétique, révolution technologique, mutations industrielles et agricoles, transition écologique…) et que les évolutions démographiques de notre société entraînent de nouveaux besoins (croissance démographique, meilleure espérance de vie, vieillissement…), les services publics doivent jouer tout leur rôle dans la relance de l’activité du pays, l’anticipation des mutations à venir et dans le respect des principes d’égalité, de neutralité, d’équité et de solidarité.
Les services publics restent une idée moderne capable de répondre aux défis du XXIe siècle, sans laquelle il n’y a pas de société commune possible. C’est possible par un partage juste des richesses et donc la mise en œuvre d’une réelle réforme fiscale. C’est un engagement politique nécessaire pour une société du progrès pour tous.
Les services publics sont un investissement que fait la société, une chance pour l’avenir des jeunes générations.
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Baptiste Talbot Secrétaire général de la fédération CGT des services publics : « Pour vivre aujourd’hui 
et construire demain »
Des services publics forts sont un puissant facteur de cohésion sociale et de développement économique. La situation de nos concitoyens s’est certes dégradée depuis de trop nombreuses années mais le contraste n’en reste pas moins important entre la situation de la France et celles des pays dans lesquels le marché a, davantage que dans le nôtre, accru son emprise sur la société. Ainsi, en Grande-Bretagne, après les destructions massives d’emplois publics et la vague de privatisations menée par Thatcher et ses successeurs, on constate une explosion de la pauvreté, une baisse des salaires réels et un taux d’incarcération parmi les plus élevés dans les pays riches. De même en Allemagne, sous l’effet des politiques austéritaires, un habitant sur six vit sous le seuil de pauvreté.
En France, compte tenu du rôle de la puissance publique en matière d’infrastructures et de l’importance de la commande publique, les coupes opérées depuis plus de dix ans dans les budgets publics ont participé à la mise en panne de l’économie. Elles ont aussi largement contribué à la dégradation de la situation salariale et donc à l’affaiblissement de la consommation. Ce cercle vicieux de l’austérité doit être rompu, exigence qui sera au cœur de la journée d’action citoyenne du 15 novembre.
Non seulement la dépense publique n’est pas l’ennemie du développement mais elle en est une condition : en 2011, en France, les recettes publiques représentaient 50,8 % du PIB et la croissance s’est établie à 1,7 %. La même année en Suède, les recettes publiques étaient à 53 % du PIB et la croissance était de 4,2 %. Au Danemark, de 2000 à 2010, les recettes publiques n’ont jamais été inférieures à 55 % du PIB et la moyenne de la croissance annuelle a été de 3,8 %, contre 1,8 % en France.
Le dynamisme démographique est un autre motif justifiant la reconquête des missions publiques et leur extension. Les besoins de services publics sont importants et le seront de plus en plus. Qui peut dire qu’il y a trop de personnels dans les hôpitaux, trop de crèches publiques, trop de logements sociaux ? La question est de savoir si oui ou non la puissance publique et la population maîtriseront les outils de réponse à ces besoins. La CGT répond évidemment positivement à cette question et elle est donc déterminée à affronter les tenants du marché et du renoncement démocratique.
Au motif de la résolution de la crise, le capital et ses relais politiques mènent une offensive féroce contre les droits sociaux, les garanties collectives et les conquêtes démocratiques. Les services publics, la fonction publique, constituent de puissants vecteurs de résistance à cette offensive. Des pans importants de notre société échappent à la logique marchande. Le statut de la fonction publique joue à cet égard un rôle fondamental en termes de garanties, pour les citoyens usagers et les personnels.
Des services publics forts, qui se développent, qui continuent de démontrer leur utilité sociale et économique, concourent à notre ambition de transformation sociale. Ils sont la preuve vivante que la loi du marché et des plus riches n’est pas une fatalité à laquelle l’humanité serait condamnée. Ainsi, au travers de la question du devenir des services publics, de la fonction publique et des missions publiques, c’est aussi la perspective du nécessaire dépassement du système capitaliste que nous posons. Les crises successives, les ravages qu’elles produisent sont constitutifs du capitalisme. Sa mise à bas est une étape indispensable pour sortir durablement d’une crise qui est en fait la norme.

Les militants de l’ESS dans la rue le 15 Novembre – Politis

Article publié dans Politis le 31 Octobre 2014

La politique gouvernementale affecte un nombre sans cesse croissant de citoyens, chômeurs, précaires, travailleurs pauvres, familles.
La politique « pro-entreprise », elle aussi, a ses laissés pour compte. Les petits sous-traitants, les artisans… Parmi eux, les entreprises de l’ESS ne sont pas en reste notamment dans le champ associatif mais pas seulement.
C’est pourquoi la manifestation contre l’austérité du 15 novembre les concerne.

Les dérives libérales auxquelles s’abandonne le gouvernement Valls ont, depuis des années, fait exploser les besoins sociaux tout en démantelant les outils créés de longue date pour y répondre.

Lors du Congrès de la FMF, Jean-François Naton a, au nom de la CGT, souligné ce que les destructions des protections du travail provoquaient de nouvelles pathologies grevant les budgets sociaux. On aurait pu tout autant se référer aux dégradations environnementales. Dans ces deux champs le « choc de simplification » au profit des seules entreprises va accroître les prédations et leurs conséquences humaines et sociales.

Le Collectif des Associations Citoyennes, partie prenante au collectif 3A qui appelle à la manifestation, ne cesse de dénoncer les dégâts à venir pour le tissu solidaire associatif du fait des destructions budgétaires conséquences du Pacte dit de responsabilité.

La Mutualité, bien commun des citoyens et en premier lieu des salariés, se voit aujourd’hui menacée dans sa nature démocratique et dans ses moyens pour répondre à l’accès au soin de millions de personnes, mais aussi pour la prise en charge de toutes les solidarité.
- Ce sera l’objet de la rencontre organisée le 1er décembre par l’Humanité et la MGEN et sur laquelle nous reviendrons dans les prochains jours.

Pour toutes ces raisons, qui viennent spécifiquement se surajouter aux aspirations à une autre politique commune à des très nombreuses organisations politiques, syndicales et structures du mouvement social de autre politique, les militants d’une ESS engagée dans la transformation sociale seront sans doute nombreux dans la rue le 15 décembre.

3A, le collectif qui appelle à manifester contre l’austérité – l’Humanité

Article paru sur l’Humanité, le Mardi, 28 Octobre 2014

MARCHE FRONT DE GAUCHE CONTRE L'AUSTERITE

Le Collectif pour l’alternative à l’austérité (3A), qui réunit des acteurs du monde politique, 
syndical et associatif, a lancé, hier, un appel à une journée de mobilisation, le 15 novembre, 
dans les grandes villes du pays contre la politique du gouvernement.

«Pour dire non au budget d’austérité du gouvernement Valls et appeler à ce qu’il soit rejeté, pour dire non aux exigences du Medef, pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle ! » Le menu de la journée du 15 novembre s’annonce copieux. Alors que la politique de François Hollande est massivement rejetée (84 % de mécontents, selon le dernier sondage Ifop pour le JDD), le Collectif pour l’alternative à l’austérité (3A) a lancé, hier, avec une conférence de presse à Paris, un appel à manifester ce jour-là dans les grandes villes de France.

Issu de la manifestation du 12 avril dernier contre l’austérité, « qui avait réuni 100 000 personnes à Paris » rappellent ses organisateurs, le collectif 3A s’est étoffé depuis ses derniers rendez-vous. Outre les nombreux syndicalistes de la CGT, Solidaires, FO, FSU, et responsables associatifs, l’horizon politique s’est élargi. « Nous sommes, cette fois, une dizaine à avoir signé l’appel (du collectif – NDLR), ce que nous n’avions pas fait pour le 12 avril même si certains avaient participé à la manifestation », a expliqué, hier, Jérôme Gleizes, d’Europe Écologie-les Verts. Au-delà des composantes du Front de gauche qui avaient pris part au lancement de la marche du 12 avril, le rassemblement s’étend désormais du NPA d’Olivier Besancenot aux socialistes affligés de Liêm Hoang-Ngoc.

Le « gouvernement nous emmène droit dans la crise »

La première cible dans le viseur de ces nouvelles marches, c’est le budget 2015 qui doit être voté à l’Assemblée nationale le 18 novembre. « Les engagements pris n’ont pas été respectés, la politique conduite à la place est un échec et tous les instituts de conjonctures annoncent une catastrophe », a dénoncé, hier, François Auguste, pour le PCF. L’objectif de la mobilisation dans ce contexte ? « Permettre concrètement que le vote au Parlement finisse par dérailler d’ici à début décembre », selon Éric Coquerel, coordinateur politique du Parti de gauche. Ou encore, selon la version d’Olivier Besancenot (NPA), pour qui « la vraie fronde aura lieu dans la rue », mener « la bagarre jusqu’au bout et faire tomber le budget ».

Le PG entend aussi porter un mot d’ordre qui ne figure pas à l’appel commun : « Nous estimons que se pose non seulement une question sociale mais aussi démocratique et qu’il devrait être possible de faire à mi-mandat un référendum révocatoire », a défendu Éric Coquerel. Mais ce qui fait le fond commun de la journée, c’est la lutte contre l’austérité. « L’austérité se résumerait à des chiffres, à une comptabilité, c’est faux. L’austérité, c’est des vies de galères, sans solidarité », a rappelé Willy Pelletier, de la fondation Copernic, avant de céder, peu après, la parole à Malika Zediri, de l’Apeis : « On montre du doigt les millions de chômeurs, responsables de ne pas accepter n’importe quoi, de ne pas accepter des salaires de misère, responsables de tout ».

« L’alternative est indispensable », a, dans la foulée, alerté Jérôme Gleizes, pour qui le « gouvernement nous emmène droit dans la crise et à un face-à-face droite-FN » en 2017. Mais, au-delà des militants politiques, le message s’adresse aussi aux syndicalistes et aux salariés, a estimé Guy Tresallet, de la FSU : « Je n’ai pas envie que les organisations syndicales attendent 2017 pour se mobiliser comme on l’avait fait le 1er mai 2002 ». « Donner de la voix à ceux qui souffrent de ces politiques et inverser ces choix, c’est le sens de l’action de la CGT dans cette initiative », a ajouté Carlos Moreira, secrétaire général de la fédération des industries chimiques CGT.

En somme, il s’agit « d’enclencher une dynamique populaire, citoyenne, sociale et politique », a résumé François Auguste, pour qui le 15 novembre sera aussi l’occasion « d’ancrer ce mouvement dans les territoires ». Pour imposer un changement de cap, beaucoup comptent sur le nombre alors que, depuis des mois, la contestation à gauche cherche une issue : « Bien sûr, il y aura des responsables politiques, des mouvements sociaux mais c’est par le nombre que le rapport de forces sera installé dans le pays », a jugé Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble. La mobilisation devrait ainsi se décliner dans les grandes villes mais, à Paris, rendez-vous est déjà pris place Denfert-Rochereau, à 14 heures, pour aller vers l’Assemblée nationale.

Signez l’appel et voir la liste des signataires : http://www.collectif3a.org/

 

Appel du Parti Ouvrier Indépendant

De nombreuses organisations, non membres du collectif 3A, appellent à marcher le 12 Novembre et à refuser la politique austéritaire du gouvernement. Ici, le communiqué du POI (Parti Ouvrier Indépendant).
“Un sentiment majoritaire s’affirme dans tout le pays : rejet de Hollande, de sa politique, de son gouvernement »

 

Stop au matraquage des syndicats !

Tribune de Guillaume Etiévant parue dans Marianne.

Lors de son passage télévisé sur TF1 jeudi dernier, François Hollande était censé être face à des représentants des Français. Pourtant, contrairement à ce qui s’était passé lors du même événement sous la présidence de Nicolas Sarkozy, aucun syndicaliste n’a été invité. Une chef d’entreprise a bénéficié de longues minutes pour dérouler sa haine du code du travail et des syndicats, sous le regard bienveillant et approbateur de François Hollande, mais aucun représentant du monde syndical, c’est-à-dire aucun défenseur des salariés, n’a par contre été invité. Dans le même temps, le secrétaire général de la CGT Thierry Lepaon se prend à longueur de journée des tombereaux d’injures politiques et médiatiques pour une fumeuse histoire d’appartement. Au-delà de sa personne, c’est évidemment la CGT qui est attaquée, et derrière elle l’ensemble des travailleurs.

A-t-on en revanche entendu les médias dominants réagir face aux politiques d’optimisation fiscale menées par Gattaz, le patron du Medef, syndicat des grandes entreprises, qui ont permis à son entreprise Radiall de diminuer considérablement son imposition en France alors que ses bénéfices explosent et que le groupe a touché l’an passé plus d’1 million d’euros de crédit impôt recherche et 876 000 euros de Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ? Entend-on nos élites politiques et médiatiques s’émouvoir du fait que l’ex-patron de Sanofi, exilé à Boston, va toucher 6 millions d’euros d’indemnités de départ ?

Le matraquage politique et médiatique contre le monde syndical est malheureusement habituel. Il s’accentue ces temps-ci. On comprend pourquoi. La manœuvre se dévoile clairement à la lecture des propositions du Medef dans les négociations interprofessionnelles sur le dialogue social ouvertes le 9 octobre, celles dont le Medef et le gouvernement espèrent qu’elles aboutiront à la suppression des seuils sociaux. Le Medef propose notamment que l’obligation de mettre en place des Comités entreprises à partir du seuil de 50 salariés soit supprimée. Toutes les instances (CE, CHSCT, délégués du personnel, délégués syndicaux) seraient alors réunies en une seule appelée Conseil d’entreprise. Dans la proposition du Medef, cette nouvelle instance ne sera créée que si les salariés, par référendum interne à chaque entreprise de plus de 50 salariés, le choisissent.

On voit d’ici les pressions exercées sur les salariés par les employeurs pour qu’ils votent contre la présence des syndicats dans l’entreprise. On imagine l’effroyable inégalité qui régnerait alors sur le territoire de la République française entre les salariés travaillant dans des entreprises sans syndicats et les autres. Et on comprend mieux le dénigrement incessant que subit le monde syndical en ce moment. Plus les syndicats seront mal vus, jetés dans le bain du tous pourris avec les autres, moins les salariés ne verront d’intérêt à soutenir leur présence dans les entreprises. Et comme dans le même mouvement, l’Accord national interprofessionnel (ANI) de 2013 a déjà considérablement réduit leurs droits, beaucoup de salariés risquent de se soumettre au discours de leurs patrons affirmant préférer utiliser l’argent nécessaire à l’existence des Institutions représentatives du personnel (IRP) pour embaucher ou augmenter les salaires.

Il n’y aura pourtant pas d’embauches et pas de hausses des salaires. Il y aura, une fois de plus, des versements supplémentaires de dividendes. Il y aura, surtout, la grande masse des salariés qui sera jetée dans la précarité la plus totale. Sans délégué du personnel, vers qui vont pouvoir se tourner les salariés harcelés ou ceux qui subissent des pressions pour démissionner, ou ceux soumis à des licenciements abusifs ? Sans Comité d’entreprise, comment les salariés vont-ils pouvoir contrecarrer les discours patronaux, la justification des licenciements économiques et limiter la casse sociale lors des plans sociaux ? Et plus globalement, où en serions-nous aujourd’hui sans les syndicats ? Les congés payés, la journée de 8 heures, le salaire mensualisé, la sécurité sociale, et d’innombrables droits sont issus des batailles syndicales.

Nous ne le répèterons jamais assez. Il faut se syndiquer ; il faut défendre les syndicats ; il faut étendre leurs droits. C’est ce que nous dirons une fois de plus le 15 novembre dans la rue, avec la grande manifestation contre Hollande et Valls. Nous nous mobiliserons, ce jour-là comme les autres, en l’honneur des syndicats, de leur lutte quotidienne, de leur histoire et de leur avenir.

Guillaume Etiévant, secrétaire national du Parti de gauche à l’Economie et au Travail

http://www.marianne.net/Stop-au-matraquage-des-syndicats_a242749.html

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La Fondation Copernic, Attac et Les Économistes Atterrés livrent une analyse détaillée du budget 2015 du gouvernement.

Avec ce projet de budget, le gouvernement s’enferre dans une stratégie de baisse des dépenses publiques qui aura des répercussions néfastes sur l’activité, l’emploi et la cohésion sociale. L’objectif affiché de réduire les déficits publics s’avère impossible à tenir car cette politique est porteuse d’une logique récessive.

Budget2015 : un mauvais tournant. Note de la Fondation Copernic, des économistes atterrés et Attac

CONTRE L’AUSTERITE, Le 15 novembre, MARCHONS POUR UN AUTRE AVENIR

Appel du collectif 3A du Nord pour la mobilisation nationale du 15 novembre

Il y a maintenant 2 ans et demi, François Hollande était élu président de la République. Pour quel bilan aujourd’hui ? La politique menée est celle du renoncement au changement. Elle tourne le dos aux espoirs du monde du travail. La politique d’austérité du gouvernement Valls va même plus loin : Notre pays est désormais soumis au diktat de l’Europe de Bruxelles

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Non au budget d’austérité : Manifestons le 15 novembre ! – Appel de Sud Energie

sud-10554Au moment où le gouvernement porte des coups à notre service public de l’énergie, avec sa nouvelle Loi sur la transition énergétique, il nous faut réagir. L’austérité réclamée par le Médef nous conduit vers la régression sociale et le dépouillement de nos biens communs. Elle amène la casse du service public de l’énergie, la précarité énergétique, fragilise de plus en plus les salariés et généralise le recours à la sous-traitance dans les grandes entreprises.

Les barrages hydrauliques vont passer, par la volonté de nos dirigeants, dans des mains qui ne se soucient guère de l’intérêt général….. à quand le nucléaire ?  !!!

Au mois d’avril, sud énergie appelait à la mobilisation contre l’austérité. Dans le même esprit, ce collectif portant maintenant le nom de 3A, reçoit le soutien de la fédération des syndicats SUD énergie.

CONTRE LE BUDGET D’AUSTERITE DE VALLS-HOLLANDE.
CONTRE LES CADEAUX AU MEDEF.
POUR UNE ALTERNATIVE A LA POLITIQUE GOUVERNEMENTALE.

Le Collectif pour l’alternative à l’austérité (3A), qui réunit des acteurs du monde politique, syndical et associatif, a lancé un appel à une journée de mobilisation, le 15 novembre, dans les grandes villes du pays contre la politique du gouvernement.

La Fédération des SUD ÉNERGIE s’associe à cette initiative.

«Pour dire non au budget d’austérité du gouvernement Valls et appeler à ce qu’il soit rejeté, pour dire non aux exigences du Medef, pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle ! »

Le menu de la journée du 15 novembre s’annonce copieux. Alors que la politique de François Hollande est massivement rejetée, le Collectif pour l’alternative à l’austérité (3A) a lancé un appel à manifester ce jour-là dans les grandes villes de France.

Point Presse Parti de Gauche – Appel au 15 Novembre

Le 7 novembre 2014, Jean-Luc Mélenchon tenait une conférence de presse en réaction à l’intervention de François Hollande la veille. Il a dénoncé une soirée de « riquiquisation » de la France, une soirée MEDEF et une soirée monarchique. Jean-Luc Mélenchon a appelé à réagir à court terme dans la rue le 15 novembre et à long terme en signant pour la 6e République sur le site www.m6r.fr.

« La France est trop grande pour Hollande » – J… par lepartidegauche

Le Front de gauche appelle à manifester le 15 novembre

Le Front de gauche soutient l’appel à une journée nationale de manifestations le 15 novembre initiée par le collectif « Alternative à l’austérité » (ex Collectif du 12 avril) dont il est partie prenante.

Le Front de gauche œuvrera à faire de cette date une journée qui compte dans la situation politique et sociale du pays.

En conséquences, le Front de gauche appelle ce jour-là ses militant-e-s, ses sympathisant-e-s et plus largement tous ceux et toutes celles qui refusent la politique menée par le gouvernement à manifester à Paris et dans les grandes villes de France

Ensemble nous dirons non à la politique libérale menée par le gouvernement Valls, non à son budget d’austérité dont nous appelons au rejet par les député-e-s, non aux exigences du Medef !

Ensemble nous voulons faire du 15 novembre une étape pour rassembler et construire une alternative à la politique actuelle !

Front de gauche ( PCF, PG, GU, Ensemble, PCOF )

Non à l’austérité ! – FNIC-CGT

Le gouvernement est l’exécutant du MEDEF dans la surenchère aux profits, il s’attaque au porte- monnaie des français, détricote les conquêtes sociales obtenues par la lutte, pour faire des cadeaux aux actionnaires, par le biais notamment des 220Mds€ du pacte de responsabilité.

Dans la continuité du 12 avril 2014, est organisée une grande mobilisation le 15 novembre 2014, pour dire NON à la politique austéritaire du gouvernement et du MEDEF, qui est le syndicat de votre employeur.

Tract FNIC CGT

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Nous n’avons qu’une seule force : la force de notre nombre – Fondation Copernic

Cher-e-s ami-e-s,

Chaque jour, une nouvelle mesure vient renforcer l’austérité qui pèse sur les salarié-e-s et les chômeurs, en multipliant les cadeaux sans contrepartie au patronat.

Sans réaction collective forte, sans réaction de chacun-e, rien ne changera. Il est temps que toutes celles et tous ceux qui refusent le libéralisme le montrent ou bien que restera-t-il des combats de la gauche?

Contre le libéralisme et contre la dérive libérale du gouvernement, nous ne pourrons résister qu’ensemble.

Depuis avril dernier, travaillent main dans la main, dans le collectif 3A, des forces syndicales (issues de Solidaires, de la CGT, de la FSU), des mouvements associatifs (Copernic, ATTAC, Convergence des Services Publics, des féministes…), des partis (PG, NPA, PCF, Ensemble, Nouvelle Donne…).

Le collectif Alternative À l’Austérité (AAA) réunit de façon très unitaire les partis de gauche, des syndicalistes, des associations et vous convie à la manifestation nationale contre l’austérité du 15 novembre, à 14 heures, départ place Denfert à Paris.

Nous n’avons qu’une seule force : la force de notre nombre.

La Fondation Copernic